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Publié le 25 octobre 2026

Le laboratoire a testé deux idées : la forme dans le tournoi et l’adaptation à la surface

Pourquoi ce rapport

Au laboratoire, une idée n’entre dans la fiche de match que si elle prévoit le vainqueur mieux que notre probabilité ELO 6.0. Nous publions aussi les idées qui échouent : c’est ce qui rend les autres chiffres crédibles.

Comment nous testons

  • Seulement des données connues avant le coup d’envoi. Rien de ce qui s’est passé après le début d’un match n’entre dans le calcul.
  • Deux périodes séparées : on règle sur la première (septembre 2025 à avril 2026), on vérifie sur la seconde (mai à octobre 2026), que le modèle n’a jamais vue.
  • Les réglages sont figés et horodatés avant la vérification. On ne les retouche pas après avoir vu le résultat.
  • Chaque résultat porte sa marge d’erreur à 95 %. On le vérifie aussi en inversant les deux périodes.
  • Test de contrôle : si l’on mélange une donnée au hasard, son effet doit disparaître. S’il ne disparaît pas, c’est que le test triche.

Test 1 — La forme pendant le tournoi (le Tracker)

La question. Un joueur qui sert, retourne et gagne ses points mieux que d’habitude pendant le tournoi gagne-t-il plus souvent que ce que l’ELO annonce ?

La réponse : non, on ne mesure rien. Sur les 441 matchs ATP et WTA de fin de tournoi de la période de vérification, les 12 axes du Tracker ne prévoient pas mieux que l’ELO seul.

La fatigue accumulée dans le tournoi (sets, jeux et points disputés) fait même un peu moins bien que l’ELO seul : elle trompe le modèle plus qu’elle ne l’aide. On retrouve ce sens dans 8 variantes de contrôle sur 8.

Ce que cela veut dire. Le Tracker sert à lire un tournoi, pas à prévoir un vainqueur. Un très petit effet n’est pas exclu : il faudrait environ 1 500 matchs de vérification pour le voir.

Test 2 — L’adaptation à la surface et aux conditions

Le point de départ. Les études de médecine du sport montrent qu’une surface change les appuis, la durée des échanges et l’effort (références en bas de page). Nous avons construit 7 indicateurs, calculés avant chaque match : changement de surface, matchs disputés sur la même surface dans les 21 derniers jours, matchs déjà disputés dans le tournoi, passage de la salle à l’extérieur, arrivée en altitude, décalage horaire.

Le test porte sur 6 766 matchs ATP et WTA, dont 3 415 dans la période de vérification.

  • Un seul indicateur compte : les matchs disputés sur la même surface dans les 21 jours. À ELO égal, le joueur qui a enchaîné plus de matchs sur la surface que son adversaire gagne un peu plus souvent : ses chances sont multipliées par environ 1,04 à 1,07 par match d’écart. L’effet va dans le même sens sur les deux périodes, et il disparaît quand on mélange la donnée au hasard.
  • L’effet est petit. La prévision s’améliore à peine : c’est un ajustement, pas un renversement.
  • Les autres indicateurs ne montrent rien d’établi : changement de surface, altitude, décalage horaire, passage salle / extérieur.
  • Tous ensemble, ils sont instables : un peu mieux sur une période, moins bien quand on inverse les périodes.
  • Les cotes du marché le savent déjà. Sur les 1 468 matchs de vérification où la cote est connue, aucun indicateur n’ajoute quoi que ce soit.

Le résumé en un tableau

Forme dans le tournoi (12 axes du Tracker)
Matchs vérifiés
441
Mieux que l’ELO ?
Non
Mieux que le marché ?
Non
Fatigue accumulée dans le tournoi
Matchs vérifiés
441
Mieux que l’ELO ?
Non (un peu moins bien)
Mieux que le marché ?
Non
Matchs sur la même surface (21 jours)
Matchs vérifiés
3 415
Mieux que l’ELO ?
Oui, un peu
Mieux que le marché ?
Non
Changement de surface, altitude, fuseau, salle / extérieur
Matchs vérifiés
3 415
Mieux que l’ELO ?
Non
Mieux que le marché ?
Non

Les chiffres exacts

Mesure utilisée : la log-loss, l’erreur moyenne de la prévision (plus elle est basse, mieux c’est). Écart avec l’ELO seul sur la période de vérification, avec la marge d’erreur à 95 % : un écart négatif veut dire « mieux que l’ELO ».

Tracker, 12 axes
Écart de log-loss
+0,0019
Marge à 95 %
−0,0058 à +0,0097
Fatigue accumulée
Écart de log-loss
+0,0107
Marge à 95 %
+0,0022 à +0,0191
Matchs sur la même surface (21 jours)
Écart de log-loss
−0,0031
Marge à 95 %
−0,0048 à −0,0012
Les 7 indicateurs ensemble
Écart de log-loss
−0,0021
Marge à 95 %
−0,0034 à −0,0007
Les 7 indicateurs ensemble, périodes inversées
Écart de log-loss
+0,0071
Marge à 95 %
+0,0017 à +0,0135
Les 7 indicateurs, en plus du marché
Écart de log-loss
+0,0012
Marge à 95 %
−0,0002 à +0,0027

Les limites

  • Une seule saison est disponible. Pour confirmer l’effet des matchs sur la même surface, il faudra une deuxième saison de mai à octobre.
  • Le test 1 ne porte que sur des matchs de fin de tournoi, pour lesquels le Tracker dispose de données du tournoi.
  • Ces mesures décrivent le passé. Elles ne garantissent aucun résultat futur.

Références

  • Murias J. M. et al. (2007). Metabolic and functional responses playing tennis on different surfaces. Journal of Strength and Conditioning Research.
  • Girard O. et al. (2010). Plantar pressures in the tennis serve. Journal of Sports Sciences.
  • Starbuck C. et al. (2016). The influence of tennis court surfaces on player perceptions and biomechanical response. Journal of Sports Sciences.
  • Janse van Rensburg D. C. et al. (2021). Managing travel fatigue and jet lag in athletes: a review and consensus statement. Sports Medicine.
  • Kovalchik S. (2016). Searching for the GOAT of tennis win prediction. Journal of Quantitative Analysis in Sports.