Publié le 18 octobre 2026
Notre ELO, pièce par pièce : méthode, mesures et limites
Toutes les probabilités du calendrier Proofset sortent d’un seul calcul : un ELO de tennis. Ce document en décrit le principe, les mesures et les limites. La recette exacte reste dans notre laboratoire ; les résultats, eux, sont publics, et rien n’y est arrondi en notre faveur.
Le 18 octobre 2026, nous avons remplacé notre ancien ELO par une version à surfaces liées. Elle a été choisie dans un laboratoire de 660 essais réglés sur les matchs de 2025, puis jugée une seule fois sur les matchs de 2026, mis de côté jusque-là.
Le 20 octobre 2026, la base a été enrichie : les 2 700 adversaires de nos joueurs qui n’avaient pas de carrière chez nous ont désormais la leur, soit 345 000 matchs de plus. Leur force est mieux connue, donc celle de nos joueurs aussi. La formule n’a pas changé ; seul β a été réajusté, sur les matchs de 2025.
Pourquoi un ELO
Un ELO donne à chaque joueur une note. Après chaque match, le vainqueur prend des points au perdant, d’autant plus qu’il n’était pas attendu. L’écart de notes se convertit ensuite en probabilité de victoire. Le principe est connu de tous ; ce qui fait la différence, ce sont les réglages, mis au point et testés dans le laboratoire Proofset.
1. La base de matchs
- Plus de 659 000 matchs de simple rejoués dans l’ordre chronologique, à partir des feuilles de match du prestataire. Les doubles sont exclus, et un même match présent sous deux identifiants n’est compté qu’une fois.
- Chaque joueur part de 1 500. Nos historiques commencent début 2023 pour tous les joueurs, têtes d’affiche comprises.
- Les matchs ITF et les Challenger 50 et 75 ne modifient pas l’ELO. Ils opposent souvent nos joueurs à des adversaires dont nous ne connaissons pas le niveau.
- Depuis le 20/10/2026, les carrières des 2 700 adversaires de nos joueurs entrent aussi dans le calcul. Ils n’ont pas de fiche sur le site ; ils servent à mieux noter les joueurs qui en ont une.
2. Quatre notes par joueur, liées entre elles
Chaque joueur a une note sur chaque surface : terre battue, dur, gazon et moquette. Un match ne met pas seulement à jour la note de sa surface : il fait aussi bouger les trois autres, dans une proportion fixée par leur ressemblance.
Une victoire sur dur fait donc aussi monter la note sur gazon, un peu moins celle sur terre. Un joueur qui découvre une surface n’y repart pas de zéro : il y arrive avec ce que ses autres surfaces disent de lui. C’est ce qui a le plus amélioré les prévisions en laboratoire, devant tous les autres réglages.
3. La mise à jour après chaque match
Le poids d’un match dépend du niveau du tournoi : un Grand Chelem compte plus qu’un ATP 250, qui compte plus qu’un Challenger. Les tournois ITF et les Challenger 50 et 75 ne comptent pas.
- Résultat attendu : avant chaque match, l’ELO calcule les chances de chaque joueur à partir de leurs notes sur la surface du match.
- Marge de victoire : un succès large compte plus qu’un succès arraché, dans des limites fixées.
- Mise à jour : le gain s’ajoute à la note de la surface du match, puis se transmet aux trois autres surfaces.
- Inactivité : après une longue absence, les notes se rapprochent peu à peu du niveau de départ.
4. De l’écart de notes à la probabilité
L’écart entre les deux notes sur la surface du match se convertit en probabilité de victoire, par une courbe propre à chaque circuit, réglée sur les matchs passés. Un même écart ne laisse pas la même place à la surprise sur l’ATP, sur la WTA ou dans une coupe par équipes.
Les notes sont recalculées chaque nuit. La probabilité d’un match est figée au coup d’envoi et n’est plus réécrite après le résultat.
5. Comment nous l’avons mesuré
Les réglages ont été choisis sur les matchs de 2025. Les matchs de 2026 ont été mis sous scellé, puis ouverts une seule fois pour juger la formule retenue. Nous évaluons les 9 755 matchs ATP, WTA et de coupes du 1er janvier au 19 octobre 2026 où les deux joueurs avaient au moins 10 matchs comptés. Les Challenger et l’ITF sont exclus de l’évaluation. La base enrichie du 20/10/2026 a été jugée sur ces mêmes matchs, sans changer la formule : seul β a été réappris sur 2025.
Trois mesures : le taux de bons favoris (le joueur annoncé à plus de 50 % a-t-il gagné ?), le Brier (l’écart moyen au carré entre la probabilité annoncée et le résultat : 0,25 pour un pile ou face, plus bas = meilleur) et la log-loss, qui punit sévèrement une certitude démentie.
- Bons favoris
- 65,4 % (± 1,0)
- Brier
- 0,2145
- Log-loss
- 0,6169
- Bons favoris
- 64,9 %
- Brier
- 0,2172
- Log-loss
- 0,6231
- Bons favoris
- 50 %
- Brier
- 0,2500
- Log-loss
- 0,6931
| Formule | Bons favoris | Brier | Log-loss |
|---|---|---|---|
| ELO Proofset 6.0 (adversaires connus) | 65,4 % (± 1,0) | 0,2145 | 0,6169 |
| ELO à surfaces liées du 18/10/2026 | 64,9 % | 0,2172 | 0,6231 |
| Pile ou face | 50 % | 0,2500 | 0,6931 |
Sur les 8 333 matchs que les deux versions savent juger, le gain de la base enrichie est de 0,0027 de Brier, avec une marge d’erreur à 95 % comprise entre 0,0020 et 0,0034 : il ne doit rien au hasard. Sur l’ensemble des 9 755 matchs évaluables (1 422 de plus, parce que nos joueurs ont maintenant assez de matchs connus), l’ELO 6.0 désigne le bon favori dans 65,7 % des cas (± 0,9), avec un Brier de 0,2133.
- Matchs
- 4 195
- Bons favoris
- 65,6 %
- Brier
- 0,2178
- Matchs
- 3 580
- Bons favoris
- 63,8 %
- Brier
- 0,2196
- Matchs
- 1 754
- Bons favoris
- 70,1 %
- Brier
- 0,1915
- Matchs
- 226
- Bons favoris
- 64,6 %
- Brier
- 0,2000
| Circuit | Matchs | Bons favoris | Brier |
|---|---|---|---|
| ATP (hors Grand Chelem) | 4 195 | 65,6 % | 0,2178 |
| WTA (hors Grand Chelem) | 3 580 | 63,8 % | 0,2196 |
| Grand Chelem | 1 754 | 70,1 % | 0,1915 |
| Coupes par équipes | 226 | 64,6 % | 0,2000 |
6. La calibration : ce que valent nos pourcentages
Un pourcentage n’a de sens que s’il se vérifie : sur tous les matchs annoncés à 60 %, le favori doit en gagner environ 60 %.
Probabilité annoncée par l’ELO pour son favori
Barre : part des matchs gagnés par le favori · trait fin : marge d’erreur à 95 % · pointillé : 50 % · 9 755 matchs ATP, WTA et coupes de 2026, jamais vus pendant la mise au point
- Matchs
- 1 951
- Annoncé en moyenne
- 52,5 %
- Gagné
- 53,1 %
- Matchs
- 1 903
- Annoncé en moyenne
- 57,4 %
- Gagné
- 57,3 %
- Matchs
- 1 581
- Annoncé en moyenne
- 62,5 %
- Gagné
- 63,9 %
- Matchs
- 1 353
- Annoncé en moyenne
- 67,4 %
- Gagné
- 67,0 %
- Matchs
- 1 028
- Annoncé en moyenne
- 72,3 %
- Gagné
- 73,3 %
- Matchs
- 786
- Annoncé en moyenne
- 77,4 %
- Gagné
- 78,5 %
- Matchs
- 554
- Annoncé en moyenne
- 82,3 %
- Gagné
- 84,5 %
- Matchs
- 313
- Annoncé en moyenne
- 87,2 %
- Gagné
- 83,7 %
- Matchs
- 286
- Annoncé en moyenne
- 93,5 %
- Gagné
- 93,0 %
| Annoncé | Matchs | Annoncé en moyenne | Gagné |
|---|---|---|---|
| 50-55 % | 1 951 | 52,5 % | 53,1 % |
| 55-60 % | 1 903 | 57,4 % | 57,3 % |
| 60-65 % | 1 581 | 62,5 % | 63,9 % |
| 65-70 % | 1 353 | 67,4 % | 67,0 % |
| 70-75 % | 1 028 | 72,3 % | 73,3 % |
| 75-80 % | 786 | 77,4 % | 78,5 % |
| 80-85 % | 554 | 82,3 % | 84,5 % |
| 85-90 % | 313 | 87,2 % | 83,7 % |
| 90 % et + | 286 | 93,5 % | 93,0 % |
Les pourcentages tombent juste : l’écart moyen entre l’annoncé et le gagné est de 0,9 point. L’ancien ELO était prudent : sur les mêmes matchs, il sous-estimait le favori de 5 à 10 points entre 55 et 85 % annoncés (écart moyen 4,3 points). C’est cette prudence que la nouvelle formule a corrigée.
7. Face au marché
Sur les 487 matchs de 2026 de cette évaluation dont nous connaissons la cote, le marché reste plus précis.
- Bons favoris
- 65,9 %
- Brier
- 0,2065
- Bons favoris
- 66,1 %
- Brier
- 0,2105
| Source | Bons favoris | Brier |
|---|---|---|
| Marché (cotes ramenées à 100 %) | 65,9 % | 0,2065 |
| ELO Proofset 6.0 (adversaires connus) | 66,1 % | 0,2105 |
- Sur le Brier, le marché garde une avance de 0,0040, que la marge d’erreur à 95 % (de −0,0040 à +0,0124) ne permet pas de distinguer de zéro. Sur le taux de bons favoris, l’ELO fait jeu égal.
- Ces 487 matchs sont presque tous ATP (14 seulement sur la WTA) : la comparaison ne vaut pas pour la WTA.
- Une cote réunit l’ELO, les blessures, la fatigue et l’information de milliers de parieurs. Nous ne cherchons pas à battre le marché. L’ELO donne une référence indépendante, publique et reproductible. Un taux de victoire n’est pas un gain.
8. Ses limites, mesurées
- L’histoire est courte. Nos historiques commencent en 2023 et tout le monde part de 1 500 à cette date.
- Une partie des joueurs reste mal connue. Depuis le 20/10/2026, les adversaires de nos joueurs ont leur propre carrière. Les joueurs qui n’ont jamais croisé un joueur suivi ne sont connus que par leurs matchs contre ces adversaires.
- Les joueurs qui montent de l’ITF sont sous-estimés au début, puisque ces matchs ne comptent pas.
- L’ELO ne voit ni les blessures ni la fatigue. Nous les signalons à part (tags Reprise et Charge récente), sans les intégrer au calcul.
- Les coupes par équipes (226 matchs) ne montrent pas de gain mesurable.
- La justesse des pourcentages varie selon le circuit : écart moyen entre l’annoncé et le gagné de 0,6 point sur la WTA, 2,3 points sur l’ATP hors Grand Chelem et 4,7 points en Grand Chelem.
En résumé
Une recette confidentielle, des probabilités figées avant le match, et des résultats publics mesurés sur 9 755 matchs que la formule n’avait jamais vus. Notre ELO désigne le bon favori 66 fois sur 100, et ses pourcentages se vérifient. Le marché reste plus précis. C’est la base sur laquelle sont construits la cote minimum, la Domination et les taux mesurés du calendrier.